L’ablation de la thyroïde est un choix lourd de conséquences. Cette petite glande endocrine régule de nombreuses fonctions au sein de notre organisme, c’est notre chef d’orchestre. Cependant, certaines problématiques de santé telles que des nodules, une hyperthyroïdie persistante ou un cancer, amènent à se poser la question de l’ablation de la glande thyroïde.
Je vous propose de vous partager mon expertise dans le domaine des troubles hormonaux afin de vous aider à y voir plus clair. Cet article a pour but de vous donner des informations factuelles et scientifiques afin de pouvoir prendre votre décision en connaissance des causes et conséquences.
Naturellement, il ne dispense pas d’une consultation chez votre médecin et de l’avis de ce dernier.
Pourquoi se faire retirer la thyroïde ?
Il existe de multiples raisons médicales pouvant justifier de l’ablation de la thyroïde.
Le cancer de la thyroïde
Nodules toxiques
Goitre empêchant la déglutition correcte, ou provoquant des douleurs
Goitre multinodulaires : un goitre présentant des nodules dans les deux lobes de la thyroïde
Hyperthyroïdie persistante
Maladie de Basedow résistante aux traitements.
Veuillez noter qu’en fonction des problématiques, l’ablation n’est pas toujours systématique. Bien souvent, seulement une partie de la thyroïde est retirée.
Les enjeux de l’ablation de la thyroïde
Si l’ablation est recommandée, dans la plupart des cas, c’est pour améliorer votre santé. Elle peut même vous sauver la vie. Cependant, il arrive que cette recommandation ne soit pas totalement justifiée. En effet, il y a quelques années de cela, la Fédération Hospitalière de France mettait en avant un nombre record d’actes chirurgicaux injustifiés. Environ 1 acte sur 5 ne serait pas indispensable… de quoi se poser pas mal de questions…
En cas de doute sur la pertinence de l’ablation de votre thyroïde, je vous recommande chaudement de prendre un deuxième avis médical. Les médecins sont humains, ils peuvent aussi faire des erreurs. En tout cas, la décision finale peut être délicate et amène, bien souvent, à de nombreuses questions. En effet, elle n’est pas sans conséquence. C’est pourquoi il est impératif de prendre en compte les implications qu’engendre cette opération.
Est-ce que l’on vit mieux après une ablation de la thyroïde ?
La question est légitime. Pourquoi se faire opérer sinon ?
Après une ablation de la thyroïde, de nombreuses personnes connaissent une amélioration significative de leur santé. Selon les statistiques, un pourcentage important de patients se sentent mieux après l’opération, constatant une diminution des symptômes qui ont motivé la décision chirurgicale.
Cependant, il est indispensable de noter que chaque personne est unique. Certaines personnes seront sujettes à complications post-opératoires, tandis que d’autres n’en auront pas.
L’espérance de vie est-elle diminuée ?
L’espérance de vie n’est pas diminuée à la suite d’une ablation de la thyroïde. Certes, cet organe est impliqué dans énormément de fonctions métaboliques, ce qui en fait un organe essentiel pour notre survie. Mais, fort heureusement, la science évolue vite. Il existe aujourd’hui des solutions permettant de très bien vivre sans thyroïde.
Ce qui m’amène au point suivant : le traitement substitutif.
Un impératif après l’ablation : le traitement substitutif
Vous aurez compris que nous ne pouvons pas vivre sans cette merveilleuse thyroïde. Elle régule énormément de fonctions au sein de notre organisme, ce qui lui confère le prestigieux titre « d’organe indispensable ».
La thyroïde produit certaines hormones appelées hormones thyroïdiennes. Leur rôle est d’aller communiquer certains signaux à d’autres organes, afin de les stimuler. Sans ces hormones, impossible de survivre.
Aujourd’hui, il existe des traitements médicamenteux permettant de remplacer complètement le rôle de la thyroïde. On peut les retrouver sous différents noms :
Levothyrox
L-Thyroxin
Thyrofix
Tcaps
Euthyral
Etc…
Les effets d’un traitement à un autre peuvent différer en fonction des cas. Bien que la molécule principale soit la même, ou les mêmes, quelques différences au niveau des compositions peuvent modifier leur mode de fonctionnement.
On notera que le traitement est plus ou moins long à stabiliser, allant de 6 à 18 mois. Durant cette période, des symptômes d’hypothyroïdie ou d’hyperthyroïdie peuvent apparaître. Ils seront transitoires et disparaitront quand le traitement sera adapté.
Les troubles post-opératoires
La thyroïde étant petite, son opération est délicate. Bien que les techniques opératoires aient bien évoluées, il reste quelques petits risques lors de cette opération.
Certaines lésions comme celles des nerfs pharyngés est un risque connu. Il concerne environ 5% des personnes opérées. En résulte une voix éraillée et une fatigue chronique.
Autres troubles relativement fréquents : l’atteinte aux glandes parathyroïdes. Ce sont des petites glandes situées de part et d’autre de la thyroïde. Entre autres, elles permettent de réguler le taux de calcium dans le sang. Lors de certaines opérations, nous observons une ablation involontaire de ces glandes, ou encore des lésions. Si ablation il y a, un traitement substitutif à vie sera alors nécessaire : aucun risque avec ce traitement. Si elles subissent de simples lésions, leur rôle reprendra doucement au gré de leurs cicatrisations.
L’ablation de la thyroïde provoque t-elle des troubles sur le long terme ?
À l’heure actuelle, il n’existe pas de maladie liée à l’ablation de la thyroïde. Donc pas d’inquiétude. Cependant, il est bon de noter que, dans certains cas, l‘ablation de cette glande peut entraîner des troubles. Chez certaines personnes, le traitement substitutif ne fonctionne pas. Les symptômes ne s’améliorent pas ou très peu. Surviennent alors tous les symptômes d’une hypothyroïdie.
Bien souvent incomprises, ces personnes ne trouvent pas d’explications à la non-amélioration de leurs symptômes. Dans bien des cas, cette situation s’explique par l’incapacité du corps à utiliser le traitement substitutif.
Différents facteurs peuvent expliquer ce trouble :
Stress
Mauvaise digestion
Mauvaise assimilation des aliments
Inflammation de bas grade
Carences en micronutriments
Etc…
En effet, il est scientifiquement prouvé que ces différents facteurs troublent le fonctionnement des traitements thyroïdiens (et de la thyroïde aussi, en passant).
Que faire dans ce cas ?
Tout d’abord, en parler avec votre endocrinologue afin de savoir si votre traitement est réellement bien adapté. Ensuite, il faut travailler sur les différents facteurs intervenant dans la bonne utilisation de votre traitement par le corps.
En tant que praticien en santé fonctionnelle, je peux vous aider à travailler sur la nutrition en priorité, afin d’apporter tous les micronutriments indispensables au rééquilibrage hormonal. Il est également capital d’avoir une vision globale du corps afin de pouvoir travailler sur les différentes causes de l’échec du traitement thyroïdien.
Pour ma part, je travaille avec des endocrinologues et des médecins généralistes pour accompagner les troubles endocriniens auto-immuns ou non. Tous mes conseils sont basés sur des études scientifiques afin de garantir l’innocuité du conseil et d’augmenter les chances de résultats.
N’hésitez pas à me contacter par mail, téléphone, ou via le bouton ci-dessous en m’expliquant votre problématique, afin que nous puissions échanger. Je vous garantis confidentialité et bienveillance.
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L’hyperthyroïdie, problématique caractérisée par une surproduction d’hormones thyroïdiennes, peut avoir un impact significatif sur la qualité de vie. La fatigue extrême, la nervosité, la perte de poids rapide et fonte musculaire, les palpitations cardiaques et les troubles du sommeil rendent souvent le quotidien difficile à gérer. Cela peut aussi être dangereux, notamment pour le cœur. Il est absolument nécessaire d’être suivi par son docteur.
En complément, mais également en prévention, la naturopathie propose un panel de conseils naturels pour l’hyperthyroïdie. Nous allons voir plusieurs de ces conseils dans cet article, ainsi que la stratégie à adopter pour agir au niveau de la cause des troubles en cas de maladie de Basedow.
Brièvement, qu’est-ce que l’hyperthyroïdie ?
La thyroïde est une glande située à la base du cou, dont la fonction est absolument nécessaire à la vie (sans thyroïde, les personnes sont médicamentées à vie). On parle d’hyperthyroïdie lorsqu’elle produit une quantité excessive d’hormones thyroïdiennes, notamment la thyroxine (T4) et la triiodothyronine (T3).
Il peut y avoir plusieurs formes, dont :
La maladie auto-immune de Basedow (ou Graves) est le type d’hyperthyroïdie le plus fréquente, résultant d’une stimulation excessive de la thyroïde par le système immunitaire.
Certaines personnes ont des nodules thyroïdiens chauds, qui deviennent autonomes et produisent des hormones en excès.
La maladie auto-immune de Hashimoto commence souvent par une hyperthyroïdie, même si ensuite les personnes passent en hypothyroïdie.
Il y aussi l’hyperthyroïdie de De Quervain, qui ressemble à une grosse angine avec beaucoup de signes d’hyperthyroïdie (urgence médicale).
Certains médicaments peuvent aussi provoquer une hyperthyroïdie.
Il est important de savoir que l’hyperthyroïdie peut avoir des conséquences significatives sur la santé si elle n’est pas adressée adéquatement. Les symptômes courants incluent la perte de poids non intentionnelle, la nervosité, l’irritabilité, les troubles du sommeil, les palpitations cardiaques / tachycardie, les tremblements, la faiblesse musculaire, et des cycles menstruels irréguliers chez les femmes. Il est donc absolument nécessaire de consulter votre docteur dès l’apparition de ces signes de l’hyperthyroïdie.
Dans l’attente d’un traitement médical, en début de diagnostic, en prévention ou en complément, plusieurs conseils et traitements naturels peuvent participer à soulager les signes. Dans tous les cas, il ne faut pas laisser traîner.
Les trois premiers conseils naturels en cas d’hyperthyroïdie
Ils se basent sur les 3 premières techniques de la naturopathie..
L’alimentation
L’alimentation joue un rôle capital dans la gestion de l’hyperthyroïdie.
Les excitants comme le café, et un excès de viande rouge, sont à éviter.
Parmi les aliments à favoriser, il y aura les légumes crus, basifiants et antioxydants, synonymes de vitamines et de reminéralisation. Pensez aussi aux aliments goitrogènes crus (sauf si votre niveau d’iode est déjà trop bas), comme tous les choux, les navets, les radis.
Garder en tête qu’il sera important d’avoir une glycémie la plus stable possible (et à un bon niveau).
Favoriser une alimentation anti-inflammatoire est fondamental, ainsi qu’apporter des nutriments qui permettent de prendre soin des intestins.
L’activité physique
Elle permet de se détendre et de conserver les muscles (et en prévention, une bonne ossature). Cependant, il peut être difficile d’en faire quand on est très fatiguée, essouflée, et que l’on perd du muscle. Dans tous les cas, il est conseillé d’en discuter avec votre médecin pour être sûr que vous pouvez faire l’activité de votre choix.
La gestion du stress
Le stress exacerbe les symptômes de l’hyperthyroïdie. Il existe de nombreuses techniques de gestion du stress, telles que la méditation, le yoga, la respiration ventrale et la relaxation musculaire progressive (méthode Jacobson) pour aider à rester zen autant que possible, et à réduire les effets néfastes du stress sur votre thyroïde.
Agir au niveau des causes, notamment en cas de Basedow
Avec Basedow, la problématique initiale provient du système immunitaire. Il est donc nécessaire d’agir à ce niveau-là.
La perméabilité intestinale (leaky gut) engendre un passage de molécules étrangères (que le corps ne reconnaît pas) dans le sang, favorisant ainsi les réactions inflammatoires et immunitaires non contrôlées. Ce n’est pas le seul facteur (les maladies auto-immunes sont généralement multi-factorielles) : facteur génétique et facteurs déclenchants : on peut citer par exemple, un gros choc émotionnel, certains virus et bactéries, … Le tabac est un facteur déclenchant et aggravant, notamment de l’exophtalmie.
S’occuper de rétablir une bonne barrière intestinale, réduire l’inflammation, gérer le stress oxydatif, feront partie des choses à mettre en place lors d’un accompagnement en naturopathie. Très souvent, il y a également d’autres aspects collatéraux à accompagner, comme les glandes surrénales (donc le stress et la fatigue), les carences en vitamines et minéraux, l’insulino-résistance,…
Les plantes et les compléments alimentaires, traitements naturels de l’hyperthyroïdie
Certaines vitamines, minéraux, certains compléments, peuvent aussi participer au soutien de la fonction thyroïdienne, notamment les antioxydants comme le co-enzyme Q10, et la vitamine D (immuno-modulatrice). Tout ce qui permet de restaurer la barrière intestinale sera aussi nécessaire. Pour cela, il est recommandé de vous faire accompagner par un naturopathe, car il s’agit vraiment d’individualiser. Il n’est pas possible de conseiller les mêmes choses à tout le monde.
Concernant les plantes, celles qui ont une action apaisante seront utilisées.
La mélisse : cette plante est connue pour ses propriétés apaisantes. Elle peut aider à réduire l’anxiété et l’excitabilité associées à l’hyperthyroïdie. La mélisse freine la production des hormones T3 et T4 et calme le système nerveux. En tisane : 3 cuillères à soupe de feuilles séchées dans 75 cl d’eau. Laissez infuser 10 minutes à couvert et boire dans la journée (hors repas), 5 jours par semaine (2 jours de pause). Elle est contre-indiquée aux femmes enceintes et allaitantes.
La lycope (d’Europe ou de Virginie) : cette plante est traditionnellement utilisée pour réduire la production d’hormones thyroïdiennes. Elle est contre-indiquée aux femmes enceintes et allaitantes.
L’aubépine (en bourgeons) aide à réguler le rythme cardiaque et à apaiser le système nerveux. En gemmothérapie, prendre 5 gouttes de bourgeons d’aubépine, 3 fois par jour (hors repas), 5 jours par semaine (2 jours de pause).
L’huile essentielle de myrrhe (à ne pas confondre avec le myrte vert qui aura l’effet inverse !): elle est à diluer à 10% dans une huile végétale et à appliquer 2 fois par jour sur le cou durant 3 semaines. Elle est contre-indiquée aux femmes enceintes et allaitantes, et est réservée aux adultes pour cette utilisation.
Certains champignons médicinaux comme le reishi, sont indiqués en cas de maladie de Basedow. Le reishi a une action régulatrice du cortisol, participe à apaiser l’anxiété, il est immuno-modulateur grâce à ses bêta-glucanes, et antioxydant.
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Qu’est-ce que la méthylation ? Très peu de gens le savent, alors que c’est la clé de voûte d’une multitude d’actions vitales au sein de notre organisme. Ce processus essentiel, notamment pour le cerveau et la santé mentale et qui peut être la cause de nombreux symptômes et pathologies, peut faire défaut aux végétariens et aux vegans (mais aussi aux omnivores). Je vous explique tout ça en détail dans cet article complet.
Qu’est-ce que la méthylation ?
La méthylation est un processus métabolique vital qui assure une multitude de fonctions dans le corps. Il a lieu en permanence dans toutes les cellules de notre organisme à un rythme effréné (jusqu’à un milliard de fois par seconde). Biochimiquement, il s’agit d’un processus extrêmement simple qui consiste en la transmission d’un groupe méthyle (un atome de carbone lié à 3 atomes d’hydrogènes, ou CH3) d’une molécule à une autre.
Mais ce procédé, simple en apparence permet à lui seul d’assurer une multitude de fonctions dans le corps humain, comme la production et la régulation de très nombreuses molécules, dont des neurotransmetteurs et hormones dans le cerveau, la détoxification du corps via la production de glutathion (qui n’est autre que l’antioxydant le plus puissant du corps humain), la dégradation de l’histamine dans l’intestin.
Mais aussi et surtout, selon l’une des grandes découvertes de ces dernières années, il permet la modulation de l’expression de certains gènes de notre ADN, via des processus épigénétiques.
L’épigénétique, qu’est-ce que c’est ?
Comme on peut le lire sur le site de l’INSERM1 : « Alors que la génétique correspond à l’étude des gènes, l’épigénétique s’intéresse à une « couche » d’informations complémentaires qui définit comment ces gènes vont être utilisés par une cellule ou… ne pas l’être ».
Dit autrement (et en simplifiant la chose), nous héritons d’un patrimoine génétique de nos parents. Ces gènes nous prédisposent à certaines choses, qu’elles soient positives (comme certaines capacités physiques) ou négatives (comme certaines pathologies). Jusqu’à récemment, nous pensions que nous ne pouvions pas échapper à cet héritage et que nous subissions l’influence de nos gènes quoi qu’il advienne.
L’épigénétique est une science nouvelle, elle montre au contraire, que les gènes ne sont que des prédispositions, mais que leur influence dépendra entièrement de notre mode de vie : l’alimentation, le stress, les pensées, la pollution environnante, etc…
La capacité des gènes à s’exprimer ou non, en fonction du mode de vie, dépendra ainsi entièrement de la méthylation.
Un défaut de méthylation à l’origine de nombreuses pathologies
La méthylation est donc indispensable pour l’entretien, la réparation et la fabrication de nos cellules, la communication intracellulaire, et plus particulièrement l’héritage d’informations épigénétiques d’une cellule mère aux cellules filles lors de la division cellulaire (qui est le mode de reproduction des cellules).
On soupçonne les défauts de méthylation d’être à l’origine d’une grande quantité de pathologies très variées, allant de l’autisme à Alzheimer, en passant par les troubles de l’anxiété, les crises d’angoisses, les troubles déficitaires d’attention avec ou sans hyperactivité, et bien d’autres. Il est donc primordial de maintenir un bon niveau de méthylation dans le corps.
Ce processus essentiel est fonction de deux paramètres principaux :
Les facteurs environnementaux, en particulier l’alimentation
Les facteurs génétiques.
En bref
La méthylation est un processus clé de notre corps, qui a lieu de manière naturelle tout le temps et partout dans notre organisme. Un défaut dans ses rouages, et cela peut être la cause d’innombrables symptômes et pathologies sérieuses. Il est donc important de comprendre comment tout ceci fonctionne, et de savoir si l’on est concerné par un mauvais fonctionnement, qu’il soit hérité ou induit.
Comment fonctionne la méthylation ?
La méthionine, un acide aminé essentiel au cœur de la méthylation
Au cœur de la méthylation se trouve un acide aminé essentiel : la méthionine. Sans elle, pas de méthylation possible ! La méthionine est présente dans toutes les sources de protéines, mais particulièrement abondante dans les protéines animales. Comme son nom l’indique, la méthionine comporte donc ce fameux élément essentiel : un groupe méthyle (qui comme expliqué en introduction, n’est ni plus ni moins qu’un atome de carbone lié à 3 atomes d’hydrogènes).
La transformation de la méthionine en SAM
Cependant en l’état, la méthionine ne peut céder son groupe méthyle à une autre molécule. Il faudra avant cela qu’elle se transforme (en se combinant avec une molécule d’ATP) en sa forme métaboliquement active appelée S-adénosyl-L-méthionine, ou SAM.
Pour rappel, l’ATP (pour Adénosine TriPhosphate) est une molécule clef qui fournit l’énergie nécessaire à toutes les cellules de notre corps (métabolisme, locomotion, division cellulaire, transport, etc…). C’est donc en quelque sorte, la particule énergétique élémentaire et universelle, sans laquelle rien n’est possible dans le corps humain.
La SAM ainsi formée va alors devenir l’un des principaux donneurs de groupes méthyles du corps humain :
On estime qu’environ 80% des processus de méthylation auxquels elle participe ne servent qu’à la fabrication de deux composants (ou familles) indispensables et essentiels pour le cerveau : la créatine et la phosphatidylcholine.
Les 20% restants représentent donc des centaines de réactions, parmi lesquelles celles que nous avons évoquées en introduction.
La dégradation de la SAM en homocystéine
Une fois son groupe méthyle cédé, la SAM, devenue alors SAH (pour S-adénosyl-L-homocystéine), se dégradera en homocystéine (en libérant sa molécule d’ATP précédemment acquise).
Si l’homocystéine ainsi créée peut s’avérer dangereuse en excès (nous le verrons dans la partie suivante), c’est également le cas de la méthionine. En effet, trop de méthionine donnera trop de SAM, et il y a alors risque d’hyper-méthylation.
Le rôle de la glycine pour éviter l’hyper-méthylation
Pour éviter cela, la glycine (un acide aminé présent essentiellement dans la peau et les os) sera utilisée au gré des besoins, pour dégrader la SAM en SAH également, et ainsi éviter une méthylation excessive non souhaitable. La glycine est donc particulièrement importante pour son rôle tampon dans ce processus.
On voit donc déjà ici que plus nous consommons de méthionine, plus nous allons fabriquer de SAM, et plus nous avons besoin de glycine pour tamponner l’excès de SAM.
Méthylation : la fin du cycle de la méthionine et l’excès d’homocystéine
L’homocystéine est connue pour être un marqueur du risque cardiovasculaire, mais également (et plus récemment) neuro-psychiatrique. De fait, bien que nécessaire au déroulement de certains processus, son accumulation n’est pas souhaitable, car elle pourrait provoquer des lésions des cellules endothéliales (les cellules qui constituent l’endothélium, la couche intérieure des veines, qui est en contact avec le sang).
Ainsi, un taux trop élevé d’homocystéine doit immédiatement alerter, non seulement car en soi, l’accumulation de cette molécule pourrait s’avérer dangereuse, mais surtout car il est signe d’un dérèglement du cycle de méthylation, et peut donc entraîner des conséquences pathologiques sérieuses.
Heureusement, l’homocystéine a 3 voies biologiques pour se reconvertir :
Deux de ces voies vont servir à recycler l’homocystéine en méthionine, car l’homocystéine n’est ni plus ni moins qu’une molécule de méthionine sans son groupe méthyle. Il suffit donc de lui rajouter un groupe méthyle pour « re-fabriquer » la méthionine d’origine, et le cycle repart.
La troisième voie servira à fabriquer du glutathion à partir de l’homocystéine.
En bref
La méthylation commence par la méthionine, un acide aminé essentiel présent dans la viande, le poisson, les œufs, les laitages, le soja, etc… Après quelques transformations, la méthionine est donc utilisée dans le processus de méthylation pour fabriquer de nombreux composés essentiels pour le cerveau.
Elle sera alors dégradée en homocystéine, un composé qui, lorsqu’il s’accumule, peut devenir extrêmement toxique pour l’organisme, mais surtout qui indique un problème dans le cycle de méthylation. En ce sens, l’excès d’homocystéine est donc un premier indicateur qui alerte sur une méthylation problématique.
Une fois l’homocystéine créée, l’organisme va donc devoir la recycler d’urgence à travers divers processus. Deux de ces processus vont régénérer de la méthionine à partir de l’homocystéine ; un dernier processus se servira de l’homocystéine pour fabriquer le gluthation.
Méthylation : les 3 voies de recyclage de l’homocystéine
Comment alors se procurer un groupe méthyle, puisqu’il vient d’être cédé ?
La 1ère voie de recyclage via le cycle des folates
La voie royale passe par ce qu’on appelle le cycle des folates. Lorsque l’on ingère des folates (communément regroupées dans la vitamine B9) via notre alimentation, ou de l’acide folique synthétique dans certains compléments, ceux-ci vont subir de multiples transformations enzymatiques dans le but de recevoir un groupe méthyle.
La forme finale et métaboliquement active s’appelle 5-méthyltétrahydrofolate, ou plus simplement 5-MTHF.
Le 5-MTHF devient alors donneur de groupe méthyle pour la vitamine B12, qui de simple cobalamine (= forme de base), passe alors à l’état de méthylcobalamine (= cobalamine + groupe méthyle).
Cette forme peut enfin transmettre à son tour son groupe méthyle tout juste acquis, à l’homocystéine, ce qui permettra donc de recycler la méthionine.
La cobalamine résultante attendra, elle, un nouveau groupe méthyle provenant du cycle des folates. Le 5-MTHF, devenu lui, simple tétrahydrofolate (THF), retournera également dans le cycle pour pouvoir à nouveau recevoir un groupe méthyle. Et ainsi de suite, là encore.
Evidemment, ce cycle ne fonctionne pas en vase clos, et les nutriments (folates, vitamine B12, etc…) finissent tôt ou tard par être dégradés, ou utilisés dans d’autres processus, d’où l’importance d’en apporter suffisamment et continuellement.
La 2ème voie de recyclage via la choline
La deuxième voie de recyclage utilise elle, de la choline, un autre nutriment que l’on classe souvent parmi les vitamines B.
La choline possède déjà un groupe méthyle, mais devra elle aussi être convertie dans une forme « active » appelée triméthylglycine (ou TMG), avant de pouvoir le transmettre (la TMG est parfois abusivement appelée bétaïne, les bétaïnes représentant en réalité un ensemble de composés).
La TMG cèdera alors l’un de ses 3 groupes méthyles à l’homocystéine, et le cycle de la méthionine pourra ainsi continuer.
La 3ème voie de recyclage ou voie de trans-sulfuration
La dernière voie de reconversion de l’homocystéine est aussi la plus importante. Nommée voie de trans-sulfuration (il ne s’agit plus de cycle ici), elle est utilisée pour créer des composants vitaux comme la taurine, mais aussi et surtout, le principal antioxydant du corps humain : le glutathion (aussi appelé GSH).
L’homocystéine va d’abord être catabolisée (= dégradée) via plusieurs transformations nécessitant de la vitamine B6, ainsi que de la sérine (un acide aminé très abondant dans les protéines), pour donner de la cystéine.
Cette dernière va alors s’adjoindre d’abord à l’acide glutamique (ou glutamate sous sa forme ionique, un autre acide aminé), puis à de la glycine, pour former le fameux glutathion. La taurine quant à elle sera fabriquée plus tard dans le cycle.
En bref
Il existe donc 3 voies pour recycler l’homocystéine :
La première repose sur les folates et la vitamine B12, qui après de multiples transformations enzymatiques, vont pouvoir retransformer l’homocystéine en méthionine, et le cycle initial de repartir.
La deuxième repose sur la choline, un nutriment essentiel généralement rangé dans la classe des vitamines B, qui lui aussi subira quelques transformations avant de pouvoir régénérer l’homocystéine en méthionine à nouveau.
Enfin, la dernière voie va transformer l’homocystéine en composés essentiels comme la taurine ou le glutathion, le plus puissant antioxydant du corps humain, grâce à l’intervention de multiples nutriments, en particulier la glycine.
Le fonctionnement du processus de méthylation en résumé
Pour clarifier tout ce que nous venons d’expliquer, la méthylation n’est rien de plus que la transmission d’un groupe d’atomes CH3 (appelé groupe méthyle) d’une molécule à une autre.
Bien que de nombreuses molécules possèdent un ou plusieurs groupes méthyles, elles ne peuvent pas le céder à n’importe quelle autre molécule et souvent, une molécule donnée fournira son groupe méthyle à une autre molécule donnée, qui le fournira à son tour à une autre, etc… Un peu comme une chaîne humaine se passant de main en main le fameux Graal, chaque donneur ayant un receveur attitré, qui devient à son tour donneur pour un autre receveur attitré, etc… Si une personne manque dans le cycle, c’est tout le cycle qui s’effondre.
Ainsi par exemple, les folates vont devenir methyl-folates pour pouvoir donner leur groupe méthyle à la vitamine B12, qui à son tour le donnera à l’homocystéine, qui deviendra alors méthionine, puis cette dernière donnera son groupe méthyle pour de nombreuses réactions (sous sa forme SAM) avant de redevenir homocystéine, qui pourra à nouveau accepter un groupe méthyle de la part de la vitamine B12, et ainsi de suite.
Ce mécanisme indique l’étroite imbrication entre les différents cycles et voies de méthylation, et les nutriments desquels ils dépendent. Bien qu’indispensable à l’ensemble de ces processus, la méthionine subit une conversion en homocystéine qui, si elle s’accumule en excès, peut devenir délétère.
Il est donc indispensable qu’elle soit recyclée par des voies métaboliques qui font appel à d’autres nutriments essentiels : folates, vitamines B12 et B6, choline ou TMG (ou triméthylglycine) et glycine en particulier.
Quels sont les facteurs qui influencent la méthylation ?
Les carences dans notre alimentation : quelles conséquences sur la méthylation ?
A ce stade, il est aisé de comprendre que si l’un de ces nutriments vient à manquer, c’est tout le cycle qui en subit les répercussions, conduisant potentiellement à une augmentation de l’homocystéine, et à tous les effets délétères qu’elle peut engendrer.
La carence en vitamine B12 chez les végétariens et vegans
En particulier, une carence en vitamine B12 empêche le recyclage de l’homocystéine, bloquant ainsi le bon déroulement des processus de méthylation.
Les végétariens (et a fortiori les végétaliens) chez qui ce type de carence peut régulièrement être constatée devraient donc être particulièrement vigilants sur cet aspect.
La carence en folates et glycine chez les omnivores
Mais les omnivores ne sont pas en reste, car leurs diètes habituelles sont souvent déficitaires en deux nutriments essentiels à ce processus : les folates, mais aussi et surtout la glycine. En effet, le rôle de la glycine est de transformer l’excès d’homocystéine en glutathion, ainsi que de tamponner l’excès de méthionine. De ce fait, plus on consomme de la viande, et surtout de la viande maigre, plus nos besoins en glycine augmentent (car étant donné que la viande contient beaucoup de méthionine, l’essentiel de la glycine va être utilisée pour tamponner l’excès qui provient de cette consommation).
Or, la glycine se trouvant essentiellement sous forme de collagène dans la peau et les os (qui ne sont plus tellement consommés de nos jours), les carences en glycine ne sont pas rares.
Les facteurs génétiques qui influencent la méthylation
La méthylation est liée à notre patrimoine génétique
En plus de l’alimentation, la méthylation est étroitement liée à notre patrimoine génétique. En effet, des dizaines et des dizaines de gènes codent pour autant d’enzymes qui sont impliqués dans les divers cycles et voies de méthylation. Ces gènes peuvent présenter de nombreuses variations que l’on appelle « mutations ».
Lorsque la mutation ne touche qu’une seule des deux allèles (ou “versions”) codant pour le gène en question (puisque nous héritons de deux versions de chaque gène provenant de chacun de nos parents), la mutation est dite hétérozygote, et l’enzyme concernée ne verra son activité que partiellement réduite (ou accélérée).
Mais lorsque la mutation touche les deux allèles, elle est dite homozygote, et l’enzyme impactée peut alors voir son activité drastiquement atteinte.
La mutation du gène MTHFR et son impact sur la méthylation
L’un des exemples les plus connus concerne le gène MTHFR, qui code pour l’enzyme du même nom. Cette enzyme est située tout en bout de chaîne du cycle des folates, et sert à la fabrication du précieux 5-MTHF que nous évoquions plus haut.
Une mutation du gène MTHFR peut donc entraîner un déficit en 5-MTHF, qui va alors impacter tout le cycle de méthylation.
La seule manière d’y remédier sera de se supplémenter directement en calcium L-methylfolate, la forme stabilisée du 5-MTHF. En effet, toutes les autres formes de vitamine B9, allant de l’acide folique classique à des formes plus évoluées comme l’acide folinique, devront irrémédiablement passer par l’enzyme MTHFR afin de donner la forme métaboliquement active de folate 5-MTHF.
En bref
Comme évoqué en début d’article, au moins deux facteurs peuvent avoir un impact sur le bon fonctionnement de notre processus de méthylation :
Il s’agit d’une part de notre alimentation, et il s’agit ici d’éviter les carences en certains nutriments essentiels à ce processus.
Et d’autre part, de notre patrimoine génétique qui peut, de base, nous faire défaut en raison de mutations mettant à mal la bonne marche du processus.
Dans ce dernier cas, une adaptation de notre alimentation sera nécessaire.
Comment assurer un processus de méthylation fonctionnel ?
S’assurer d’avoir tous les nutriments nécessaires à une bonne méthylation
La méthionine est donc la clé de voûte de tous ces processus, mais partant du principe qu’elle se trouve dans toutes les protéines, il est assez rare d’en manquer (ce qui peut malgré tout arriver notamment lorsque notre consommation de protéines n’est pas suffisante, auquel cas c’est la première chose à régler).
La seconde chose la plus importante (et la première en réalité, pour la majorité d’entre nous) sera de s’assurer que notre alimentation apporte les nutriments essentiels à la reconversion de l’homocystéine, en particulier : folates, vitamines B12 et B6, choline ou TMG, et glycine.
Où trouver tous ces nutriments nécessaires à la méthylation ?
Les folates
Les folates (ou vitamine B9) se trouvent principalement dans le foie, les légumineuses, ainsi que les légumes feuilles et autres légumes verts (épinards, asperges, brocolis, laitue…) qu’il conviendra de ne pas bouillir pour garder un maximum de folates.
La vitamine B12
La vitamine B12 ne se trouve que dans les produits animaux ou leurs dérivés (puisqu’elle est produite par des bactéries dans le colon), en tête le foie et les fruits de mer (palourdes en particulier), mais toutes les viandes, de même que les œufs et les produits laitiers en contiennent.
La vitamine B6
La vitamine B6 est présente essentiellement dans la viande, la volaille, les abats (foie, rognons,…), le poisson, la levure de bière, le jaune d’œuf et les produits laitiers. De fait, on en manque rarement.
La choline
La choline se trouve principalement dans le foie, le jaune d’œuf, et le germe de blé, alors que la TMG (pour rappel la choline peut se convertir en TMG au besoin) se trouve principalement dans le son et le germe de blé, les épinards ou les crevettes.
La glycine
La glycine est très abondante dans les os et la peau, puisqu’elle est l’un des constituants essentiels du collagène. C’est la raison pour laquelle nous recommandons toujours très chaudement de consommer du bouillon d’os, pour ceux qui le peuvent.
Le magnésium
Enfin, toutes ces réactions impliquent régulièrement de l’ATP, qui nécessite du magnésium pour pouvoir être activé. Le magnésium sera donc également particulièrement important pour assurer une bonne méthylation. On en trouve surtout dans les fruits secs (en particulier les noix du Brésil), les sardines en conserve, les fruits de mer (en particulier les bigorneaux) ainsi que dans la farine de sarrasin (la teneur en magnésium du chocolat reste controversée quant à sa biodisponibilité).
Sans surprise (puisqu’une très grande partie des processus de méthylation y ont lieu), le foie arrive largement en tête des aliments les plus denses nutritionnellement, surtout en regard des nutriments nécessaires à la méthylation. Une petite portion de foie par semaine (ou d’abats en général) pourrait donc être la formule idéale afin de pouvoir dormir tranquille, et ne plus trop se préoccuper de l’apport nutritionnel du reste de notre alimentation !
Les analyses des cycles de méthylation
La science n’en est qu’à ses débuts concernant les analyses ADN en regard de ces processus, bien que certains laboratoires commencent à proposer des analyses concernant la MTHFR.
Aux Etats-Unis, de nombreuses sociétés se sont spécialisées dans l’analyse des enzymes qui sont répertoriées dans les divers cycles de méthylation (et pas uniquement la MTHFR). En utilisant les données brutes issues de l’analyse ADN proposée par le site « 23andme », des sites comme « promethease », « geneticgenie », « nutrahacker » ou « mthfrsupport » vous indiquent vos mutations génétiques, avec parfois des pronostics de santé et des conseils de prises de compléments alimentaires souvent très douteux qu’il vaut mieux à notre humble avis ignorer.
À ce jour, la meilleure analyse des cycles cités ci-dessus est proposée par le site « seekinghealth » et se nomme « StrateGene ». Cette dernière représente graphiquement les enzymes dans leurs cycles respectifs et vous indique avec des codes couleurs leur niveau d’efficacité.
Ces analyses restent cependant à destination d’un public très éclairé, et compte tenu de la complexité des réactions enzymatiques, il nous semble très hasardeux à l’heure actuelle, de pouvoir élaborer des traitements en utilisant ce type d’outils (qui reste à titre informatif très intéressants).
Méthylation : le diagnostic du gène MTHFR pour les femmes enceintes
En France, les diagnostics de mutation de la MTHFR sont de plus en plus répandus, en particulier pour les femmes enceintes ou souhaitant procréer, puisqu’un déficit en vitamine B9 peut induire de graves malformations chez le fœtus. Pour cette raison, on supplémente systématiquement la femme enceinte en acide folique. Mais pour les personnes porteuses d’une mutation MTHFR, l’acide folique ne sera vraisemblablement pas métabolisé (ou pas suffisamment), et la carence en vitamine B9 restera probable.
Si vous êtes enceinte ou que vous souhaitez avoir un enfant, n’hésitez pas à demander à votre médecin un diagnostic du gène MTHFR. Sinon dans le doute, choisissez de la vitamine B9 sous forme méthylfolate de calcium.
L’importance de l’hygiène de vie pour une bonne méthylation
Par ailleurs, comme le rappelle le Dr Lynch, créateur de « StrateGene », il faut garder en mémoire que le fonctionnement de ces enzymes reste étroitement lié à notre hygiène de vie car, elles aussi obéissent aux lois de l’épigénétique.
En attendant de pouvoir s’appuyer sur cette science nouvelle pour des traitements efficaces et novateurs, à ce jour le plus important, en plus d’une alimentation très riche en nutriments qui soutiennent la méthylation, c’est :
De s’assurer un sommeil suffisant et réparateur
De pratiquer une activité sportive régulière
Et de rester éloigné de toute source de stress et de pollution, car tous ces facteurs influencent fortement nos processus de méthylation.
Conclusion
La méthylation est donc un processus en apparence compliqué, mais en réalité relativement simple, et surtout essentiel, puisqu’il constitue la clé de voûte d’une multitude d’actions vitales au sein de notre organisme. Or, il peut être grandement impacté d’une part par notre alimentation, et d’autre part par notre héritage génétique.
Dès lors, il est primordial en premier lieu, de s’assurer d’avoir des apports suffisants en certains nutriments essentiels au bon fonctionnement de ce processus, en particulier les folates, la vitamine B12 et la vitamine B6, la choline, la glycine ou encore le magnésium.
Dans le cas d’une mutation génétique pouvant impacter le processus, ce que l’on peut déceler en faisant un examen de biologie médical (prise de sang), ou via une analyse du séquençage de notre ADN (avec un extrait de salive), il sera important, en plus de s’assurer d’apports encore plus conséquents en ces nutriments, d’avoir une hygiène de vie la plus saine possible (sommeil, activité sportive, stress, pollution, etc.), le fonctionnement de ces enzymes y étant étroitement lié.
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Les problèmes de thyroïde ont explosé ces dernières années, si bien que 25 % des femmes aujourd’hui présentent des symptômes d’hypothyroïdie, parfois sans le savoir. C’est pour cela qu’il est utile de bien connaître les causes et les symptômes de l’hypothyroïdie, car en naturopathie on s’attachera toujours à la cause du dysfonctionnement. Pour les médecins, elle est difficile à diagnostiquer sur les analyses sanguines car parfois, rien n’est visible. Les symptômes et la clinique priment sur ces analyses qu’il faut parfois faire de manière différente.
Encore plus alarmant, 70 % des dépressions seraient dues à une hypothyroïdie. Ce qui veut dire que beaucoup de personnes consomment des antidépresseurs et des anxiolytiques pour rien. En effet, la dépression et l’hypothyroïdie peuvent se confondre par leurs symptômes. Pourtant, avec les bonnes analyses et l’écoute de la personne, elle se décèle. Pour rappel, seul votre médecin est habilité à poser ce diagnostic, mais vous pouvez lui expliquer votre démarche pour vous sentir accompagné le mieux possible.
En cabinet de naturopathie, beaucoup de clientes me disent qu’elles perçoivent que quelque chose ne va pas et qu’elles savent que ce n’est pas dans leur tête. Si vous êtes fatiguée sans raison, notamment le matin, que vous avez l’impression d’être ralentie, d’avoir du mal à réfléchir, de superposer les couches de vêtement car vous êtes devenue frileuse, alors cet article peut vous éclairer. En tant que naturopathe, je me suis spécialisée dans l’accompagnement des dysfonctionnements hormonaux, dont les thyroïdites. Je vous explique ce qu’il faut savoir sur l’hypothyroïdie et comment travailler en prévention de manière naturelle.
À quoi sert la thyroïde ?
La thyroïde est une petite glande en forme de papillon avec ses ailes (lobes) à la base de la gorge pour encercler la trachée. Elle pèse environ 25 grammes, 4 cm de hauteur, et fait partie du système endocrinien. On peut même dire que c’est son chef d’orchestre !
Elle est dirigée par 2 petites glandes cérébrales appelées hypothalamus et hypophyse. Ces glandes agissent sur la thyroïde par rétro-contrôle. C’est à dire que suivant la quantité d’hormones thyroïdiennes en circulation, soit :
elles stimulent la thyroïde en sécrétant plus de TSH
soit, elle abaisse sa sécrétion s’il y en a de trop.
Elle forme un binôme très important avec les glandes surrénales qui permet l’adaptation au stress, nous verrons comment, un peu plus en détail par la suite.
La thyroïde est la chef d’orchestre, elle est vitale à notre organisme. En effet, elles est essentielle au développement cérébral, à celui des muscles (elle est donc en charge de la croissance.) mais c’est elle qui régule notre métabolisme et la production d’énergie. C’est pour cette raison qu’en naturopathie, nous parlons du thermostat du corps. C’est pour cette raison que les futures mamans sont surveillées au niveau de la thyroïde, car de graves conséquences sur le développement de l’enfant, notamment au niveau cérébral, peuvent découler d’une hypothyroïdie durant la grossesse.
Comment fonctionnent la thyroïde et ses hormones ?
Très importantes pour notre métabolisme, la thyroïde produit :
La calcitonine, qui gère la croissance et le maintien de la masse osseuse
La T3 ou tri-iodothyronine, formée de 3 atomes d’iode, qui est la forme libre et biologiquement active,
La T4 ou thyroxine, à 4 atomes d’iode. Elle est produite en plus grande quantité, comme une réserve,
Il faut savoir que la thyroïde produit 90 % de T4 pour seulement 10 % de T3, mais la quantité de T3 produite au niveau tissulaire est beaucoup plus importante que celle produite par la glande thyroïde, puisque 80% de la T3 est produite dans le foie et dans les reins.
Les actions de la T3 :
production de chaleur (taille et nombre des mitochondries),
régulation du système digestif
favorise l’entrée du glucose dans les cellules
agit sur la glycolyse et la néo-glucogénèse
mobilisation des lipides,
synthèse des protéines,
régulation du système nerveux central, cardio-vasculaire et des hormones sexuelles.
La thyroïde contient assez d’hormones thyroïdiennes pour 2 à 3 mois. Vous comprenez à présent pourquoi l’hypothyroïdie peut avoir des conséquences fâcheuses sur de multiples organes et systèmes. Dans le système sanguin, T3 et T4 sont transportés par une protéine la TBG, la Thyroïd-Binding Globulin.
Les différents types d’hypothyroïdites
L’hypothyroïdie peut être primaire, et c’est de cette forme dont il est question dans cet article.
Lorsque l’hypophyse ne sécrète pas suffisamment de TSH pour réguler l’activité de la thyroïde, il s’agit d’hypothyroïdie secondaire, mais c’est assez rare, environ 5 à 10 %. Lorsque c’est l’hypothalamus qui ne sécrète pas assez de TRH, indispensable pour l’hypophyse qui doit sécréter la TSH, c’est une hypothyroïdie tertiaire. C’est bien la thyroïde qui ne produit pas assez d’hormones et qui crée le déséquilibre. Pour plusieurs raisons, soit à la suite d’une prise médicamenteuse, soit en conséquence d’un traitement à l’iode radioactive, soit par une carence d’iode, soit la conséquence d’une maladie auto-immune, appelée maladie de Hashimoto. Ces deux derniers points sont les causes principales d’une hypothyroïdie primaire.
Mais l’hypothyroïdie est, soit :
auto-immune : c’est la maladie de Hashimoto, c’est la plus fréquente,
issue d’une résistance aux hormones thyroïdiennes, de leur difficulté à entrer dans la cellule, ou par un manque de cortisone ou de vitamine D,
issue d’un déficit de conversion de T4 en T3 libre, car n’oublions pas que c’est la T3 qui est active, non pas la T4. Si assez de T4 est produite mais qu’elle n’est pas suffisamment convertie en T3, vous êtes en hypothyroïdie.
La thyroïdite chronique de Hashimoto
Observée typiquement chez la femme de 30 à 60 ans, l’hypothyroïdie est son terme évolutif habituel. D’autres affections auto-immunes doivent être recherchées (Biermer, lupus, insuffisance surrénale, polyarthrite rhumatoïde, etc…)
Quels sont les symptômes de l’hypothyroïdie ?
Chez l’enfant :
retard ou un arrêt de croissance,
sommeil inhabituel,
constipation,
difficultés d’alimentation,
pleurs enroués chez le nourrisson,
Chez l’adulte :
manque d’énergie et de la fatigue,
prise de poids (modeste) inexpliquée malgré un faible appétit,
rythme cardiaque ralenti,
irritabilité et parfois un état dépressif,
crampes et raideurs musculaires, constipation,
visage enflé, bouffi, oedématié, empâté, paupières infiltrées et blanches,
peau pâle et sèche, froide aux extrémités, personne frileuse,
lèvres violacées / teint jaunâtre,
cheveux secs, une perte de cheveux, voix plus grave et enrouée, périodes menstruelles irrégulières et des menstruations plus abondantes,
confusion mentale, difficulté à se concentrer et pertes de mémoire,
périodes menstruelles irrégulières et des menstruations plus abondantes,
passivité comportementale et sexuelle,
goitre (parfois), qui crée une enflure à la base du cou,
bradycardie,
taux élevé de cholestérol sanguin,
troubles des phanères : ongles cassants, chute de cheveux avec alopécie, disparition du quart externe des sourcils,
température inférieure à 36,6° au réveil,
ronflement,
myxoedème.
Les causes des symptômes de l’hypothyroïdie en naturopathie
Le stress chronique et les conflits psycho-affectifs
Comme je vous le notifiais plus haut, les glandes surrénales, ces 2 petites glandes situées juste au-dessus de nos reins, et pas plus grosses que deux noix, sécrètent du cortisol, de l’adrénaline et de la noradrénaline pour nous permettre de nous adapter à différents éléments stresseurs.
Un niveau physiologique adéquat de cortisol facilite la fonction thyroïdienne. En cas de stress chronique, la cortisolémie augmente, inhibant alors la TSH et la conversion de T4 en T3, assurée par l’enzyme 5’désiodase (avec sélénium comme co-facteur), induisant une diminution de la sensibilité des récepteurs aux hormones thyroïdiennes. L’épuisement surrénalien a des répercussions sur la thyroïde dont les fonctions chutent.
À noter que la fatigue matinale est plutôt thyroïdienne et celle de fin d’après-midi est surtout surrénalienne ; cette fatigue s’intensifie en cas de baisse du cortisol.
Vous voyez que de toute façon en hypo ou hyper sécrétion de cortisol, les hormones thyroïdiennes vont être freinées pour fournir moins d’énergie et nous permettre de prendre du repos.
Intoxication aux métaux lourds et aux perturbateurs endocriniens
Trop de perturbateurs endocriniens et métaux lourds, comme le chlore, les bromures, le fluor, l’aluminium, le plomb, le mercure, les phtalates, les composés perfluorés, le triclosan, les bisphénol-A et S, qui imitent l’action des oestrogènes et perturbent le fonctionnement thyroïdien.
Déséquilibre en vitamines A, B (B6 et B12 surtout), D et E,
Manque d’acide aminé L-Tyrosine.
Mais il est à retenir que les principaux éléments dont la thyroïde a besoin en priorité sont la L-Tyrosine, l’iode, le sélénium, la vitamine D, le fer, le zinc.
Tabagisme
La fumée du tabac est riche en thiocyanates et en cadmium, qui vont respectivement freiner la captation d’iode et empêcher, là encore, la conversion de T4 en T3.
Un excès d’oestrogènes
Un excès d’oestrogènes soulève deux problématiques. Non seulement, le fait d’avoir trop d’oestrogènes circulants rendent les récepteurs des cellules beaucoup moins réceptifs aux hormones thyroïdiennes, mais en plus cela freine également la conversion, de T4 en T3, l’hormone active. Il faut donc avoir cela en tête en cas de prise de pilule contraceptive, au fur et à mesure du temps qui passe (à partir de 35 ans, la progestérone chute plus vite que les oestrogènes, c’est pour cela qu’on appelle cet état de fait une hyper-oestrogénie relative). La grossesse peut également déclencher une hypothyroïdie qui se résorbe, en grande majorité l’année suivant l’accouchement.
Des hypo-fonctionnements organiques
Le foie, l’intestin et les reins convertissent également l’hormone T4 en T3. S’ils ne sont pas opérationnels et entravés dans leur fonctionnement car trop surchargés, ils ne peuvent garantir cette mission.
insuffisance de vascularisation,
mauvais fonctionnement hépatique,
faiblesse du fonctionnement des reins,
causes iatrogènes,
oestrogènes et contraceptifs oraux, glucocorticoïdes,
médicaments iodés, le lithium (prescrit en cas de troubles psychiatriques), et l’amiodarone (utilisé pour des problèmes cardiaques),
interféron,
lésions ostéopathiques,
prédispositions génétiques.
Les analyses sanguines de la thyroïde sont-elles fiables ou suffisantes ?
C’est là que le gros du problème réside. La majorité des normes ne sont que des normes de laboratoire (qui plus est, la fourchette est très large ! ) et des statistiques issues d’un échantillon de personnes.
Il est d’usage de dire que les valeurs normales de TSH, pour vérifier le bon fonctionnement thyroïdien, sont comprises entre environ 0,15 et 5 mUI/l. Hors, en naturopathie, à partir de 2,5 mUI/l, la thyroïde est déjà un peu paresseuse.
Beaucoup d’études ont été publié ces dernières années sur ces normes, car aujourd’hui les hypothyroïdies avec une TSH supérieure à 4,5 sont traitées, comme dans les années 50 !
Le bilan et les bonnes analyses pour déceler une hypothyroïdie
Il est important de faire une analyse d’urines sur 24h, et pas seulement une analyse de sang qui fait une photo à l’instant T des taux, car ces taux varient d’une journée à l’autre. Avec une analyse sur 24h, vous avez des taux beaucoup plus fiables.
Il faut donc doser la T4, mais surtout la T3, car c’est elle qui est active (la T4 est la réserve). Ne pas oublier également de doser l’iode et le zinc. D’autres dosages comme celui de la vitamine D, de la ferritine, et la transcortine sont importants, car il faut éliminer l’hypothèse d’un épuisement surrénalien.
Les anticorps TPO-Ab, TG-Ab, TR-Ab, et une échographie seront demandés par le médecin si ce dernier soupçonne une thyroïdite de Hashimoto. Mais comme expliqué plus haut, si vous avez plusieurs des symptômes de la liste, consultez votre médecin, car cela peut être dû à des carences à corriger ou au début d’une hypothyroïdie.
Vous connaissez à présent les causes et symptômes de l’hypothyroïdie en naturopathie pour vous en prémunir de manière naturelle.
Si vous souhaitez vous faire accompagner (en parallèle de votre parcours médical) dans le cadre d’un problème de thyroïde, ou pour toute autre problématique de santé n’hésitez pas à prendre rendez-vous, je serais ravi de pouvoir vous accompagner.
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Cet appel d’une quinzaine de minutes se veut être une opportunité pour faire brièvement connaissance. Il ne s’agit pas d’une consultation, mais bien d’une occasion pour vous, de découvrir comment je travaille, ce que la naturopathie fonctionnelle peut vous offrir, et voir si l’envie d’entreprendre une démarche avec moi se concrétise !
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